L'idée de publier un roman en ligne est un peu saugrenue dans la mesure où d'autres pourraient en voler l'idée. Je ne suis pas très mercantile...
Les chapitres ne seront pas complétés dans l'immédiat et ne seront pas ordonnés car j'y vais selon l'inspiration du moment et le temps disponible.
À vrai dire, cela peut prendre beaucoup de temps...
mardi 3 avril 2007
Préface
En 2099, il ne reste plus qu'un million de Québécois dit "de souche", c'est-à-dire ceux et celles issus des premiers Européens et Français arrivés au cours du XVIIe siècle, en ce qu'on appelait alors Nouvelle-France. Après être passé d'environ 60 000 à 6 millions en un peu plus de trois siècles, le nombre de Souches se mit à rétrécir comme peau de chagrin pour diverses raison: la situation économique, la sécularisation de la société, le féminisme et l'individualisme pour ne nommer que les principales raisons. On ne fait pas un peuple sans avoir d'enfants...
C'est donc que de majorité pendant longtemps sur leur territoire nommé Québec, les Souches ne sont plus qu'une petite minorité dans un Québec qui en 2099 compte quelques 15 millions d'habitants.
Bien que les Souches aient eu à partager le territoire avec ceux et celles qui l'habitaient depuis bien longtemps avant eux et avec des gens venus d'ailleurs et à d'autres moments qu'eux-mêmes, après donc la conquête de 1759, l'arrivée en masse de nouveaux immigrants au Québec à partir de la seconde moitié du XXe siècle, en provenance d'autre pays qu'européens, étaient d'abord planifié non pas tant pour être accueillant, mais bien pour pallier au fort taux de dénatalité qui sévissaient chez les Souches.
Les nouveaux arrivants se gardaient bien de s'aventurer au-delà de Montréal car, ailleurs, le vocable de "tolérance" qui leur permettait tant bien que mal de s'installer dans la grande ville ne faisaient pas vraiment partie du vocabulaire. Les politiques gouvernementales de l'époque avaient beau parler d'intégration, il n'en demeure pas moins que, dans la réalité, la réflexion que se faisaient beaucoup de Souches face à l'arrivée massive des ces nouveaux arrivants, c'est qu'elle n'était là que pour leur assurer une retraite dorée.
À Montréal, les immigrants prenaient le métro vers le nord de la ville - les usines - et les Souches vers le sud, vers les bureaux cossus du centre-ville.
Il fallait une bonne dose de courage à un immigrants pour tenter une incursion dans la campagne ou ailleurs qu'à Montréal; soit pour les études, soit pour le travail. Bon nombre ne réussirent jamais à s'y faire des amis autrement que parmi d'autres immigrants avec lesquels ils pouvaient sympathiser.
À l'abri dans leurs terroirs, les Souches ne savaient que faire de ces "importés" qui leur “volaient leurs jobs” se complaisaient-ils à penser, en plus de ressembler à des gens qui n'étaient pas comme eux. Cette ostracisation systématique des immigrants ne rendit pas service aux Souches qui ne semblaient pas voir plus loin que le bout de leur nez.
Malgré cela, en cette année 2099, on ne saurait dire que les immigrants traitaient les Souches différemment. Ce sont les Souches qui se folklorisaient. Minoritaires, il y avait dans leur attitude une résonance qui n'était pas sans rappeler celle qui était le lot des Amérindiens qu'ils avaient eux-mêmes conquis 400 ans auparavant en leur usurpant le territoire.
Phénomène naturel chez l'immigrant, la première et, dans une moindre mesure, la deuxième génération tendait à s'associer à ses semblables originaires des mêmes coins de planète: les Italiens avec les Italiens, les Portugais avec les Portugais, etc. Par la suite s'opèrent diverses façons d'exister au sein d'une communauté.
Des études avaient démontré le peu de représentativité et la faible présence des immigrants dans les sphères de l'État, dans les médias et dans la hiérarchie des entreprises dominées par les Souches. Toutes les structures de l'organisation sociale étaient des chasse-gardé. Les immigrants avaient beau arriver bardés de diplômes de médecins, d'ingénieurs et autres titres professionnels qui leur permettaient thériquement de pratiquer des professions intéressantes, la plupart était confiné au travail d'usine, à laver la vaisselle dans les restaurants ou à nettoyer la nuit les cabinets de toilettes des Souches dans les bureaux du centre-ville.
Les médias ne parlaient des immigrants que lorsqu'un membre issu de l'immigration avait commis un meurtre ou un vol. On associait ainsi l'immigrant à un mauvais jeton. L'immigrant devait faire preuve d'une sacrée abnégation pour se fondre dans la culture des Souches, en parlant leur langage, en se transformant en des espèces de caméléons pour favoriser un regard plus sympathique de la part des Souches qui ne s'intéressaient guère qu'à eux-mêmes.
En 2099, les affaires de l'Assemblée nationale, le parlement, n'étaient plus sous le contrôle des Souches, mais des fils et filles d'immigrants qui ne formaient pourtant pas un bloc monolithique. Ainsi les Souches n'occupaient plus que la portion congrues des sièges au parlement et cela grâce à un système de représentation proportionnel à propos duquel ils avaient tergiversé des décennie durant mais qu'ils avaient enfin fini par réclamer voyant leur nombre décliner. Les Souches qui avaient peur de leur ombre dont l'opacité leur rappelait la couleur de l'immigrant finirent par constater que personne ne les menaçait sinon eux-mêmes.
Chez les immigrants on affublait parfois de "pourris" les Souches habitués de vivre dans l'opulence alors que l'immigrant, lui, n'avait pas oublié que pour construire un pays, il faut à tout le moins se retrousser les manches, ce qui du reste avait été le lot des ancêtres de ceux et celles qu'on appelait les Souches, mais cela ils l'avaient allégrement oublié dans un lieu qui s'était longtemps donné comme devise, “Je me souviens”. Ce sont en majorité les immigrants qui auront décidés de l'indépendance face à la tiédeur des Souches...
C'est donc que de majorité pendant longtemps sur leur territoire nommé Québec, les Souches ne sont plus qu'une petite minorité dans un Québec qui en 2099 compte quelques 15 millions d'habitants.
Bien que les Souches aient eu à partager le territoire avec ceux et celles qui l'habitaient depuis bien longtemps avant eux et avec des gens venus d'ailleurs et à d'autres moments qu'eux-mêmes, après donc la conquête de 1759, l'arrivée en masse de nouveaux immigrants au Québec à partir de la seconde moitié du XXe siècle, en provenance d'autre pays qu'européens, étaient d'abord planifié non pas tant pour être accueillant, mais bien pour pallier au fort taux de dénatalité qui sévissaient chez les Souches.
Les nouveaux arrivants se gardaient bien de s'aventurer au-delà de Montréal car, ailleurs, le vocable de "tolérance" qui leur permettait tant bien que mal de s'installer dans la grande ville ne faisaient pas vraiment partie du vocabulaire. Les politiques gouvernementales de l'époque avaient beau parler d'intégration, il n'en demeure pas moins que, dans la réalité, la réflexion que se faisaient beaucoup de Souches face à l'arrivée massive des ces nouveaux arrivants, c'est qu'elle n'était là que pour leur assurer une retraite dorée.
À Montréal, les immigrants prenaient le métro vers le nord de la ville - les usines - et les Souches vers le sud, vers les bureaux cossus du centre-ville.
Il fallait une bonne dose de courage à un immigrants pour tenter une incursion dans la campagne ou ailleurs qu'à Montréal; soit pour les études, soit pour le travail. Bon nombre ne réussirent jamais à s'y faire des amis autrement que parmi d'autres immigrants avec lesquels ils pouvaient sympathiser.
À l'abri dans leurs terroirs, les Souches ne savaient que faire de ces "importés" qui leur “volaient leurs jobs” se complaisaient-ils à penser, en plus de ressembler à des gens qui n'étaient pas comme eux. Cette ostracisation systématique des immigrants ne rendit pas service aux Souches qui ne semblaient pas voir plus loin que le bout de leur nez.
Malgré cela, en cette année 2099, on ne saurait dire que les immigrants traitaient les Souches différemment. Ce sont les Souches qui se folklorisaient. Minoritaires, il y avait dans leur attitude une résonance qui n'était pas sans rappeler celle qui était le lot des Amérindiens qu'ils avaient eux-mêmes conquis 400 ans auparavant en leur usurpant le territoire.
Phénomène naturel chez l'immigrant, la première et, dans une moindre mesure, la deuxième génération tendait à s'associer à ses semblables originaires des mêmes coins de planète: les Italiens avec les Italiens, les Portugais avec les Portugais, etc. Par la suite s'opèrent diverses façons d'exister au sein d'une communauté.
Des études avaient démontré le peu de représentativité et la faible présence des immigrants dans les sphères de l'État, dans les médias et dans la hiérarchie des entreprises dominées par les Souches. Toutes les structures de l'organisation sociale étaient des chasse-gardé. Les immigrants avaient beau arriver bardés de diplômes de médecins, d'ingénieurs et autres titres professionnels qui leur permettaient thériquement de pratiquer des professions intéressantes, la plupart était confiné au travail d'usine, à laver la vaisselle dans les restaurants ou à nettoyer la nuit les cabinets de toilettes des Souches dans les bureaux du centre-ville.
Les médias ne parlaient des immigrants que lorsqu'un membre issu de l'immigration avait commis un meurtre ou un vol. On associait ainsi l'immigrant à un mauvais jeton. L'immigrant devait faire preuve d'une sacrée abnégation pour se fondre dans la culture des Souches, en parlant leur langage, en se transformant en des espèces de caméléons pour favoriser un regard plus sympathique de la part des Souches qui ne s'intéressaient guère qu'à eux-mêmes.
En 2099, les affaires de l'Assemblée nationale, le parlement, n'étaient plus sous le contrôle des Souches, mais des fils et filles d'immigrants qui ne formaient pourtant pas un bloc monolithique. Ainsi les Souches n'occupaient plus que la portion congrues des sièges au parlement et cela grâce à un système de représentation proportionnel à propos duquel ils avaient tergiversé des décennie durant mais qu'ils avaient enfin fini par réclamer voyant leur nombre décliner. Les Souches qui avaient peur de leur ombre dont l'opacité leur rappelait la couleur de l'immigrant finirent par constater que personne ne les menaçait sinon eux-mêmes.
Chez les immigrants on affublait parfois de "pourris" les Souches habitués de vivre dans l'opulence alors que l'immigrant, lui, n'avait pas oublié que pour construire un pays, il faut à tout le moins se retrousser les manches, ce qui du reste avait été le lot des ancêtres de ceux et celles qu'on appelait les Souches, mais cela ils l'avaient allégrement oublié dans un lieu qui s'était longtemps donné comme devise, “Je me souviens”. Ce sont en majorité les immigrants qui auront décidés de l'indépendance face à la tiédeur des Souches...
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Chapitre 1
Amadou Cissé qui avait été cinq ans durant attaché culturel au Burkina Faso, avait rejoint les rangs des nouveaux députés élus depuis les dernières élections. Represantant la circonscription de Kamouraska, il occupait de surcroît le poste de ministre de l'Agriculture.
Nous n'étions déjà plus à l'époque où son grand-père à la recherche de terres dans la région de Rimouski s'était fait sermonné par un Souche qui justement vendaient son domaine: “J'vendrai jamais mes terres à un nègre. Décrisse!”
Un certain nombre de Peuls s'étaient installés dans le comté d'Amadou Cissé et avait mis au point des cultures en serre, alimentés par les éoliennes et autres sources d'énergie renouvelables telle la solaire, en plus d'un système d'extraction de chaleur à plus de 1000 mètres sous terre.
On y faisait notamment la culture de la banane et de certaines noix. La courte saison solaire était compensée par des types d'éclairage peu onéreux qui procuraient l'intensité de lumière requise pour ces cultures. Des échanges constant entre le Mali, le Burkina Faso et le Québec avait permis l'exportation des technologies vers les pays d'origine des Peuls, leur permettant d'assurer localement une plus grande autonomie alimentaire et un bon niveau d'exportation.
Nous n'étions déjà plus à l'époque où son grand-père à la recherche de terres dans la région de Rimouski s'était fait sermonné par un Souche qui justement vendaient son domaine: “J'vendrai jamais mes terres à un nègre. Décrisse!”
Un certain nombre de Peuls s'étaient installés dans le comté d'Amadou Cissé et avait mis au point des cultures en serre, alimentés par les éoliennes et autres sources d'énergie renouvelables telle la solaire, en plus d'un système d'extraction de chaleur à plus de 1000 mètres sous terre.
On y faisait notamment la culture de la banane et de certaines noix. La courte saison solaire était compensée par des types d'éclairage peu onéreux qui procuraient l'intensité de lumière requise pour ces cultures. Des échanges constant entre le Mali, le Burkina Faso et le Québec avait permis l'exportation des technologies vers les pays d'origine des Peuls, leur permettant d'assurer localement une plus grande autonomie alimentaire et un bon niveau d'exportation.
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